Enduro des Terres Noires 2026

Je suis tellement content de pouvoir encore faire ce genre de course à bientôt 48 balais et en musculaire ! Et puis il y a pile 10 ans, j’étais à l’hôpital et depuis j’ai une oreille interne en moins. Alors même si je suis au fond du classement, même si c’était très difficile cette année, je me suis régalé !

Cette fois-ci, j’y suis encore allé avec François, Rémi, Bernard et aussi Marin.

Impossible de faire les recos pour nous vendredi puisqu’on était au boulot, on s’est donc embarqués dans cette course « à vue » pendant que les autres avaient repéré les spéciales 1, 2, 3 (du samedi) et 5 (du dimanche).

Bon, à vrai dire, les spéciales 1 à 4 de samedi, on les connaissait déjà mais c’est quand même quelque chose de spécial quand tu sors de la forêt, dans la Spéciale 1, et que tu sais que ce que tu vois devant, les Crêtes, c’est là où ta vas passer… Grosse montée de pression, et pendant un instant je me suis dit que la course pouvait vite s’arrêter en cas de chute.

Bref, dans cette Spéciale 1, après avoir fait la première liaison de 700m d+ à bonne allure, je suis passé sans prendre de risques, pas vite !

En bas, j’avais les cuisses en feu. Les spéciales chronos me flinguent plus que les longues liaisons en montée !

Dans la Spéciale 2, celle des Toboggans, je ne vais pas très vite non-plus, j’assure ! Il y a aussi pas mal d’endroits où tu peux te démolir !

Ça fait des mois que j’ai mal aux genoux depuis ma reprise du volley-ball l’an passé et j’essaie de ne pas tirer trop fort lorsque je passe de la position assise à debout, ça me gène.

Au ravito de la Liaison 3, on apprend qu’il y a eu un crash dans la Spéciale 1 et qu’on doit attendre l’intervention des secours. On se rue sur la bouffe et les boissons en attendant l’hélico !

En haut de la Liaison 3, par 26°c à l’ombre, on apprend qu’un gars s’est crashé dans la Spéciale 2 et que dans la Liaison 3 il s’est arrêté pisser du sang… 2è hélico, 100m derrière nous. On poireaute 1h30 en tout ? Ça fait partie du jeu.

Au moment où on atteint presque le départ de la Spéciale 3, on apprend encore qu’un pilote a voulu faire quelques jumps dans l’EVO Bikepark entre ses Spéciales 3 et 4 mais qu’il s’est fracassé: course neutralisée, évacuation en ambulance SAMU.

Je prends finalement le départ de la Spéciale 3 que j’adore parce qu’elle est longue et avec de bons pédalages, mais clairement cette année, avec la sécheresse et la poussière qu’il y avait, les parties pentues du milieu et de la fin sont très engagées, les marches sont plus creusées et j’ai mal aux bras. Je fais quelques tous droits dans les épingles sans chuter ! (40s de plus qu’en 2024)

La montée, Liaison 4, vers le sommet de l’EVO Bikepark est une vraie punition ! Il fait trop chaud mais je suis toujours dans les roues de François et Rémi, les 2 machines de Saint-Paul Trois Châteaux !

Le départ de la Spéciale 4 est différent des autres années avec une nouvelle ligne dans la pente et la terre fraiche, c’est « fesh fesh » et je mets vite les plaquettes en fusion magmatique, surtout sur le bas lorsqu’on rejoint la piste permanente assez typée DH. Mais je ne m’en suis pas trop mal sorti !

A la fin de la journée de samedi, je suis épuisé ! Le Facteur a bien roulé, Rémi aussi mais en chutant dans la Spéciale 3 il s’est cassé le poignet et il a quand même roulé dans la Spéciale 4 (avec un top 100) avant de se refroidir et de voir une patate pousser sur sa main. Abandon pour le lendemain. Marin et Bernard sont dans le même état que moi.

Dimanche matin, on repart pour une journée similaire en termes statistiques, avec 1300m d+ et 35km, mais avec 3 Spéciales.

Vu mon classement du samedi, je pars tard et je fais la première liaison (Liaison 5) à fond en espérant rattraper le Facteur parti 25 minutes plus tôt… C’est beau de rêver !

Au départ de la Spéciale 5, on serpente sur un single relativement plat et sinueux, puis d’un coup on bascule dans la pente en forêt avec de la grosse poussière et des ornières, puis on en sort pour rouler un chemin pentu et rempli de marches avec des virages sans adhérence. C’est du vrai pilotage encore une fois ! Et à vue, c’est la catastrophe pour moi, mais j’arrive en bas… Mort !

La Liaison 6 est infernale, d’abord sur route puis sur un single en forêt, je n’ai plus d’eau et il n’y a pas de ravito. Il doit être midi et il fait 28°c à l’ombre.

Je fais la Spéciale 6 en « mode rando », je passe les épingles du haut avec le cul en arrière, je me bloque quelques fois sur les marches de plus en plus grosses du bas et je fais un grand ouf de soulagement quand je passe la ligne car je sais que le ravito est proche !

Après 1km de route, je fais un carnage au ravito: je bois 3 gourdes de Coca, 1 gourde d’eau et de sirop d’abricot, 1 gourde d’eau pétillante, je mets du saucisson, de la tome, du bleu, des Dragibus dans ma bouche, j’ai l’impression que je mange du mortier… Ça fait tellement de bien de se venger après toute cette souffrance !

Je remplis une dernière fois ma gourde d’eau et de sirop de menthe et go pour la Liaison 7 !

Un enfer encore !

Les premières 20 minutes sur le chemin de 4×4 au soleil passent à peu près, mais une fois sur le single en épingles, on se suit tous comme des morts-vivants et moi je monte aussi vite que les autres qui pédalent en poussant mon vélo. J’avance comme une machine, je bois mon sirop de menthe, je déprime.

En haut, juste à coté du départ de la Spéciale 7, c’est le bonheur parce que je sais que je n’ai plus qu’à descendre pour en terminer, mais surtout parce qu’il y a une source d’eau fraiche à proximité. Tellement bonne cette eau ! 2 gourdes complètes avalées !

On voit encore passer un hélico, venu récupérer un pilote déshydraté et en « fracture de moral » dans la Liaison 6.

La Spéciale 7 est super, longue, rapide et sinueuse. Un beau single qui nous fait revenir vers Digne avec un final où il y a encore des spectateurs.

A l’arrivée, c’est la délivrance ! Je retrouve François qui a terminé depuis presque 1h et on prend le repas avec Marin et Bernard qui m’ont rejoint.

Je termine 47e/75 Master 40 et 222 scratch. Ce n’est vraiment pas glorieux mais il y a eu énormément d’abandons cette année avec le retour d’un format course sur 2 jours, comme avant l’époque du TEA (l’an dernier on avait fait qu’un petit prologue le samedi), alors ça me va bien. Je fais des moins bons temps le samedi par rapport à 2024, mais je gagne 9 places en Master 40 et 13 places au Scratch.

Cette course, c’est vraiment un mythe, le mot « enduro » prend tout son sens ici. Quant à l’organisation en elle-même, c’est impressionnant !

// Trophée Enduro des Alpes //

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