La montagne de Miélandre avec les Pierre Richard du VTT

Romain Goulesque (Team VVR) voulait que je lui montre « la cabane de Miélandre » alors on a décidé d’y monter avec les VTT… Et j’ai bien écrit « avec les VTT » et pas « en VTT » parce que je savais bien que c’était impossible de pédaler dans la montée.

(Rappelez-vous, j’étais monté là-haut à pieds début avril)
Mais je ne pensais pas que c’était si raide en descente… Ni même que la sortie partirait en couilles comme ça !
Scénario Pierre Richard inside !

 

 

Ma Mountain Of Hell 2018 // Les 2 Alpes

Moutain Of Hell 2018 // Jour 1
J’ai pu faire 2 recos de la « qualif » et 2 recos de la « finale » (une fois le glacier depuis le restaurant et une autre fois depuis « l’intermédiaire »… Et bien-sûr sans la Venosc pédestre qu’on ne peut pas prendre en VTT) avec Benji ou avec les copains qu’on a croisé un peu partout…
Les conditions de neige sont dingues ! Quelle longueur !

Et ensuite c’est la sécheresse ! La poussière est partout et ça va être chaud de se suivre !

La « qualif » similaire à l’an passé à priori (je n’y étais pas) est assez engagée par endroit je trouve ! (Gros gaz !) Va falloir serrer les fesses !


Le pauvre Benji a crevé 3 fois dont 2 fois au même endroit… La galère !


Sinon, c’est toujours une bonne ambiance qui règne ici !


Demain, plaque 388, je m’élancerai à 13h au fond du pack (8è ligne sur 10).

 

Mountain Of Hell // Jour 2
Après une descente d’échauffement ce matin sur la « finale », je partais donc à 13h pour ma manche de « qualif ».

100 par vagues, et avec le numéro 388, je me retrouve en 8è ligne au départ. Je pars et je me retrouve dans le nuage de poussière, un peu comme dans une tempête de sable… Quand j’en sors je suis dans le premier « pétard » et je ne peux même pas courir dans la montée tellement ça bouchonne… Quel départ foireux .

En haut du 2è pétard, j’ai doublé 4 ou 5 gars mais au moment de basculer dans les schistes, je ne vois même plus les meilleurs tellement ils sont loin…
Pas grave, dans les schistes je fais le trou avec ceux de derrière et ça me permet de passer le single à flanc de montagne (gros gaz !) seul, tranquille… Ouf !
Après la section de virolos dans l’herbe, ça commence déjà à tirer partout et je suis rattrapé par 4 gars que je laisse passer avant la dalle. A la dalle justement, tout le monde est à pieds et vu comment je suis cramé, je fais de même.
Sur l’autre single à flanc de montagne avant la Crête du Cuculet, un anglais ne se laisse pas doubler. Le gars de devant moi tente de le passer puis se met en travers et pousse le roastbeef dans le vide… 3 tonneaux sans lâcher le vélo et bye bye… C’était chaud ! (Mais je l’ai vu à l’arrivée)
Sur la crête, dans l’herbe, je souffle un peu après une coupe hasardeuse qui se finit bien.
J’attaque la forêt. Mais comment fond mes freins pour ne pas fondre ?! Ils doivent être à 1000°c !!!
Un gars me rattrape. J’ai les cuisses en feu et les mains qui serrent le guidon comme un étau. La piste est remplie de poussière et les premiers trous de freinage sont là. Je le laisse passer et raaawww, je passe par dessus le guidon mais en mode saute-mouton, sans tomber MDR
A partir de là et jusqu’à la route en bas, dans toute la forêt au dessus de Mont De Lans, je ne vois plus personne sur un VTT, ni devant, ni derrière.
Mes quadriceps vont exploser, faut que je m’assois, elle arrive quand cette putain de route ?!
La voila enfin, je sors la tige de selle et rrraaawwww, mise en action des grandes pattes (une fois le cul sur la selle, la machine repars)… Je me prends pour Froome sur la route. A bloc jusqu’à l’arrivée où je double 7 concurrents.
Résultat minable, 34 minutes et des brouettes mais ravi d’arriver entier et sans souci mécanique.
Que c’était physique !
Je crois que je suis finalement 453è sur presque 800 et je partirai en ligne 21 demain matin sur le glacier.
Embarquement à 5h45.

En fin d’apre’m, on est allé reconnaitre la Vénosc à pieds avec Benji:

Mountain Of Hell 2018 // Jour 3

Le téléphone de Benji libère le doux son d’une alarme de meeeeerde !
Punaise, il est 4h45 et on est dimanche, et je dois me lever pour monter à 3400m !
Non mais sérieux ?! Il faut être complètement attardé ?!!!
Dehors il fait encore nuit et les copains de l’appart’ sont déjà en train de s’activer: Arnaud, Enzo, Kévin et Jonathan (qui prépare déjà son VTT depuis 4h00, empêchant Olivier de dormir) s’apprêtent à partir avec Benji justement, pour embarquer à 5h15 dans la télécabine vu leurs scores de la veille.
Vu mon résultat d’hier, j’ai un peu plus de temps et je me prépare tranquillement pour embarquer à 5h45, la tête dans le luc !
Quand j’arrive au départ de la télécabine, le jour s’est levé et j’ai l’impression que tout le monde a été convoqué à cette heure-là ?! Queue monstre, attente maximum.

Non mais sérieux ?! Il faut être complètement attardé ?!!! (Bis)
Je me retrouve à bavarder un moment avec Florent. Ça passe le temps et puis au final, sur les courses, ce que j’aime avant tout, ce n’est pas réellement la course mais plutôt toutes les rencontres qu’elles occasionnent, avec des amis, des connaissances, ou même des inconnus.
On tire des plans sur la comète, on se demande s’il y aura du vent au sommet, s’il n’y aura pas de nuages, si on va se cailler…?
Dans la cabine (le Vendries Express), silence de mort. Je demande aux gars s’ils vont à la guerre ou sur une course de vélo ?
En haut de la télécabine, le glacier est encore vide de skieurs/snowboarders et le soleil ne pointe pas encore. Les conditions ont l’air top !

Je descends faire la queue au funiculaire. Premier contact avec la neige, sur le VTT. Elle est « béton » et ça accroche un peu, super !
Ce coup-ci je passe un peu de temps avec Denis en attendant le funi. C’est un « ancien » alors on refait encore le monde et on se dit (toujours) que c’était mieux avant… Dans tous les domaines

Dans le funi, l’ambiance est bonne, ça se détend du string !
Puis je débarque sur le glacier: pas un brin de vent, soleil qui rayonne à l’horizontal, neige dure, c’est de la folie ! Un régal ! Je peux même enlever le k-way sensé me tenir chaud.

1h30-2h plus tard, on est tous en place sur nos lignes. Moi, c’est la 21 vu ma piètre performance d’hier, tout comme Mary (mais elle est de l’autre côté). Les copains de l’appart’ sont devant, ils vont souder ! Derrière, j’ai encore 9 lignes de concurrents plus les non-classés.
La sono crache ACDC, ça sent le départ ! Le commentateur annonce que « l’hélico arrive dans 6’… Puis dans 3’… Puis non dans 5’… Puis 3′, soyez patients… Attendez… »
« Putain, il arrive ton hélico ou quoi ?! Si j’avais le 12, je l’éclaterais ! »
Tout le monde est en mode « grosse bagarre », comme si le temps s’était arrêté ! On attend tous le coup de corne de brume !
Tuuuuuttttt, c’est parti, je saute sur le vélo et je pars trèèèèès prudemment ! Il y a tellement de monde devant que je n’ai pas envie d’aller m’empaler sur quelqu’un ! Je ne vois pas de zone ouverte pour pouvoir freiner longtemps alors je freine !
Je lâche quand même les freins au milieu et j’aperçois Mary, qui était de l’autre côté de ma ligne à droite, sur ma gauche. WTF ?
Je la suis jusqu’au restaurant.
Ça souffle bien dans le casque, ça va vite !
A cet endroit-là, c’est Bagdad ! Certains sont couchés par terre, beaucoup courent à côté du vélo, d’autres déboulent à 60km/h derrière toi et s’éclatent la tronche…
(J’apprendrai plus tard qu’Arnaud à « fait le glacier en tête » et qu’il a raté le price-money du holeshot car il tourné trop tard vers la ligne, doublé à cet endroit là par un suisse… Ils sont passés tous les deux à 127km/h)
Ça pue les plaquettes de freins mais devant le restaurant je parviens à rester sur le VTT alors que la neige est complètement « trafolée ». Je me prends juste une petite gamelle en descendant du VTT pour faire trois pas courus.
Dans le « mur en S » qui passe derrière le funiculaire, je passe inter et je vois Mary qui me grille à l’exter… Mais WTF celle-là ????
C’est la ligne droite avec la remontée. Je vois, au loin que la neige est encore une fois bien « trafolée » sur le plat. Je prends juste ce qu’il faut d’élan pour passer et je reste sur le bike au maximum. Le vélo fait n’importe quoi… Il va à droite, à gauche, je sors les pieds, mais je reste dessus !
Ça y est, voila le chemin de 4X4, on tourne tous vers la droite pour quitter la neige et raawwww, je vois un gars qui fauche 3 VTTistes devant moi alors qu’ils ne sont même plus sur la neige.
J’ai vu trop de tentatives de suicides, je quitte ce monde enneigé !
Première petite grimpette, mise en action des Tchouk’Jambonneaux ! Je slalome entre les concurrents et j’en double peut-être une dizaine ?
Ça redescend, on est dans les schistes, à fond. Puis dans la section schistes avec les gros appuis. Je me fais doubler par des gars qui coupent… Boooohhh, c’est le jeu.
Puis ça remonte. On contourne le départ d’un télésiège en montée légère (et je double) et on attaque à descendre dans les schistes/cailloux.
Sur la première dalle, je passe « pépère » et je vise une ornière de neige dans l’avant-dernier névé. Je plante la roue avant et bbbaaawww OTB dans la neige… MDR
Je me pousse pour laisser passer les gars de derrière, sur leurs vélos, Je ne parviens pas à repartir sur la dalle suivante, toute mouillée (tu ne passes pas à l’arrêt sur celle-là !). Je passe à pieds…
Je remonte sur le bike et ça repart en direction du wallride. Dans le dernier névé, technique de « la double ornière »: les roues dans l’ornière de droite et le pied gauche dans l’ornière de gauche, en mode ski… Je mets un break à mon poursuivant inexpérimenté dans ce domaine !
Ça tourne dans les appuis, ça tape un peu mais je sais qu’après je me reposerai en descente sur le chemin de 4X4 avant la grosse montée.
Je me refais une santé, je contrôle ma respiration tout en faisant un petit schuss et hop, à gauche dans la grosse montée avec l’élan ! J’appuie sur la pédale et… P’tain merde, elle est bloquée !!! Je crois que j’ai cassé mon moyeu ?! Je m’arrête, mais non, ma chaine est juste coincée sur la chape interne de mon dérailleur. Je la remets et je repars en courant puisque la pente est forte là ! Cette péripétie a dû me faire perdre 10 places, voire plus… Mais je reprends tout le monde (ou le même nombre), dans la montée, une fois sur le vélo !
Ça redescend sur un single relativement technique. Il y a du monde derrière mais ils n’attaquent pas… Je reste sur la trace !
Sur le chemin de 4X4, je me retourne pour les laisser passer… Ils ne sont plus là…
Méga-schuss ! Couché sur le bike tel Eric Barone
J’arrive dans la prairie au taquet ! J’enchaine les virages remplis de trous de freinages et j’en prends plein les bras !
Puis vient la zone que je redoute un peu: un single à flanc de montagne avec au choix: une ornière, un chemin en crête ou parfois un chemin de l’autre côté de l’ornière.
Dans un virage, le gars que j’ai rattrapé se vautre dans l’ornière, je prends la trace la plus safe ! Yes ! Il a bouchonné ceux de derrière, je suis tranquille !!!
Puis c’est le chemin piéton. Je laisse passer un concurrent à l’entrée mais une fois au bout, on est arrêté par un commissaire qui bloque la piste car un rider s’est cartonné.
On est une quinzaine à attendre et deux petits malins font comme s’ils n’avaient pas compris que la piste était bloquée pour raison de sécurité. Ils doublent tout le monde sur le côté en disant que « c’est la course », moi je les traite « d’enculés ».
Ça repart très vite, mais le gars devant moi se prend un monstre OTB dans la poussière… Je bloque la piste !
Il se pousse, je passe, puis je l’entends rouler encore au sol derrière moi: il bloque tout le monde ! Yeeaaahhh
J’enchaine bien au dessus des 2 Alpes et un gars me rattrape. je le laisse passer.
J’arrive sur la relance à plat qui passe au dessus du village. J’aperçois Estelle qui pense que je suis « dans les 200 et quelques » (NDLR: c’est une erreur)
Tchouk’Jambonneaux en action ! Je traverse le fond des 2 Alpes à fond et j’entends des gens qui m’encouragent
Et c’est parti pour la « Vénosc piétons » remplie d’escaliers et d’épingles.
Blablam blablam blablam…
Pwwoooaaa, ça a creusé entre les marches depuis les premières années ! Je passe comme je peux ! Je rattrape même quelques gars qui me laissent passer.
Dans certaines épingles, je ne parviens pas à tourner mon long XL et je fais des bons tout-droit-virages-pieds-compas sur les talus, sans tomber !
Avec le gars de derrière, on fait un peu l’accordéon et je décide de le laisser passer quand même. Je m’arrête, il passe, mais il est suivi par 1, puis 2, puis 3… Puis 7 gars qui m’empêchent de repartir… Tant pis !
La fin de la « Vénosc Piétons » est quand même bien physique !
Après la dernière petite montée (à pieds), c’est la délivrance ! Je finis sur la « Vénosc VTT » au milieu d’un petit groupe homogène.
56’23 » de roulages, poussages, bouchons… Ça me place 33è Master 2 sur 99 au départ aujourd’hui et 376è scratch sur 692 au départ aujourd’hui et presque 800 hier. En partant du fond, ça me satisfait bien !
D’façon, je m’en fous complet du résultat !
Le meilleur, Kilian Bron, met 29’34″… C’est ouf !
A l’arrivée, tout le monde est joyeux, et tout le monde est cuit… Et fier !
C’était ma 5è participation à la MOH (2004-99è / 2005-abandon / 2007-146è / 2016-322è… Oué, je recule beaucoup mais en 2004, c’était limité à 400) et les conditions étaient les plus belles que j’ai connu ! Quel bonheur !
On en a bavé hier en qualif’, mais aujourd’hui, j’ai trouvé la finale moins physique même si elle était bien plus longue. Il faut reconnaitre que les petits bouchons sont « relous » mais bien reposants !

 

Pour l’anecdote, j’étais bien content, ce matin sur le glacier, d’entendre le commentateur dire qu’un gendarme avec un panneau 80km/h et un (vrai) radar était mis en place à hauteur du restaurant et qu’un concurrent leur en avait donné l’idée sur la page facebook de la course… Puisque c’est moi !
Pwwoooaaa, vous avez réussi à rouler à 80km/h en rentrant chez vous, et après avoir roulé aussi vite en vélo ?!

Josselin Cholat-Namy // AJT Team Giant Avignon

Dimanche, je suis allé filmer Josselin Cholat-Namy de l’AJT Team Giant Avignon. Josselin, c’est le descendeur de l’équipe puisqu’Alexis Saint-Dizier et Thomas Chaudeyrac se sont orientés vers l’enduro.
Présent sur les manches de la Coupe d’Occitanie de DH et ainsi que sur les manches de la Coupe de France, il progresse et il a notamment terminé 4è Junior et 14è scratch à la DH du Mont Bouquet.

C’était aussi l’occasion de tester mon nouveau matériel vidéo, après des mois d’inactivité.

 

Rando Autour Du Mont Rachas // Taulignan 2018

Aujourd’hui, c’était la Rando Autour du Mont Rachas à Taulignan (26), un circuit que je connais un peu pour avoir participé à cette même rando il y a 3 ans et pour avoir filmé les organisateurs de Sport Nature Aventure l’an passé lorsqu’ils préparaient le départ du Raid des Chemins du Soleil.
Bon, clairement, je m’en doutais… Vu les gaillards de SNA, je me disais bien que le grand parcours allait être très physique ! Et puis ils sont de plus en plus fans d’épreuves de type Raid voire Ultra-Raid, alors des montées sur la route… Non non !
Je retrouve Didier et Romain à 7h45 et on attaque la rando à 8h00.

A 600m d’altitude, les lavandins ne sont pas encore en fleur:

Devant nous, il y a les copains de Calvisson VTT Nicolas, Élie, Tony et même Florian…
C’est dur, franchement dur ! Les montées sont longues et physiques, les descentes sont superbes mais paraissent tellement courtes (en comparaison) sur la première moitié du parcours.

Premier ravitaillement avec l’équipe Cycles Louison


Parti derrière nous, Guillaume nous rejoint et fera la rando avec nous.
Après 900m de D+, on a dépassé la moitié de la rando et on est déjà cuits ! On fait « la montée impossible » à pieds ! (De toutes manière, je ne l’aurais pas tenté, mais Didier si, j’en suis convaincu !)

Quand tu as fait 900m et que t’en peux plus, voila ce que tu retrouves pour t’encourager

La montée est déjà impossible pour monter jusqu’à la montée impossible !

Au sommet du Mont Rachas. On voit la vapeur d’eau de la Centrale nucléaire de Cruas au loin


Au sommet du Mont Rachas (898m), on descend sur la crête remplie de roches en biais, chaud !

 

Descente sous le Mont Rachas… La Lance à gauche (1330m) et le Mont Ventoux (1909m) au fond dans les nuages:


Les descentes qui nous amènent jusqu’au 3è ravitaillement sont une succession de grands moments de régalade ! Sauf pour Romain qui s’étale dans la boue, là où Jérémy nous double comme un bourrin dans la gadoue sur son VTT électrique

 


Après le 3è ravito, la montée en direction de la Cime Rozier (689m) est interminable ! Je pose le pied à terre, Guillaume aussi et en haut je dis à Romain et Didier de finir seuls !
Dans le single qui part sous le Mont Rachas et qui va vers la Cime Rozier, on est assailli par des rafales de crampes… Mais on arrive finalement en haut où on retrouve les Calvissonnais.

 

Dernier portage avant la Cime Rozier… Au dessus de la roche Saint-Secret et de la Vallée du Lez. Guillaume s’étire…

Les Calvissonnais


Je pense qu’il ne nous reste plus que la dernière superbe descente jusqu’à Taulignan. Un genre de spéciale d’enduro roulante dans les buis et en bas… P’tain, il faut encore monter sur un chemin de 4X4 puis un single. Je suis au bout de ma vie, j’ai des envies de meurtres !
Ça y est, on bascule dans la descente et on trace sur les dalles en direction de Taulignan. Ça sent la fin d’un sacré tour de « vrai VTT »… Où on retrouve finalement Romain et Didier qui attaquent à se restaurer.

4h27 sur le vélo en temps effectif (5h35) c’est avec les pauses ravitos, photos, étirements, agonie)


Au bout du rouleau, il y a le repas offert par l’organisation (taboulé, saucisse, fromage)… Je n’arrive même pas savoir ce que je mets dans la bouche, complètement défracté !


Hier, j’avais un peu de fièvre, je n’aurais peut-être pas dû faire le grand circuit ce matin ?!
Dans ma voiture, sur le chemin du retour, j’ai eu des crampes partout ! Derrière les deux genoux, aux deux quadriceps, au dos, sous les pieds… J’aurais pu me planter vu que je ne pouvais pas beaucoup bouger
Je vais bien dormir !
Merci SNA et à l’année prochaine… En meilleure forme !

Mon Enduro Des Terres Noires 2018 // Vis ma vie de poireau de l’enduro

Cette course, je l’attendais depuis 2016. J’avais pris tellement de plaisir cette année là qu’il fallait que j’y revienne !… Même si je savais que j’allais en chi..!
Une fois l’inscription validée, je n’ai pas eu beaucoup de mal à convaincre Benji et Romain de revenir aussi, ainsi que François qui devait tester cette course ! Et puis dans la liste des inscrits j’ai aperçu Florent et Sté Lian alors autant se faire le déplacement ensembles, dans le même gite #BonneÉquipe

Et je leur ai préparé un petit roadbook chacun, à coller sur le cadre…

Arrivés vendredi soir, on s’envoie une pizza/binouze chacun dans le centre-ville, assortie de bonnes vieilles blagues… Mais on surveille tous les dernières prévisions météo du lendemain.
Je reste optimiste: « on va passer à travers, on ne se prendra pas la pluie ! »… Puis on reçoit un message de l’organisation qui nous explique que « les parkings (les prés) du départ de la Liaison 1 sont boueux et que les véhicules vont rester planter dedans. La solution est donc de partir en vélo depuis le PC course à Digne et de monter sur non-pas 300m mais 700m ». Pas le choix et puis à la fois on n’aura pas besoin d’aller chercher les voitures en fin de journée.
Samedi matin, on ouvre les volets à 7h00 et il fait beau mais il y a des nuages au loin… « Ça va le faire ! » #Optimiste

8h19 on pointe en bas et on attaque la Liaison 1 vers le hameau du Villard des Dourbes. Ça monte bien sur la route mais… ça monte ! Je pars toujours un peu vite mais je fais l’ascension avec François. Au Villard, on quitte la route et on découvre le chantier: c’est dégueulasse Une bonne boue liquide ou collante suivant les endroits, à cause des pluies des jours précédents.

En haut de la Liaison 1, on a donc fait 15km et 700m de D+ sauf qu’on arrive après notre heure de départ (comme pas mal d’autres concurrents). Je passe devant le départ et le starter voit ma plaque et me dit de partir. Je bois une gorgée d’eau, j’enfile le masque, je suis mort, je sue comme un cochon… et goooo !
Spéciale 1: j’ai l’impression que c’est la même qu’en 2016. Ça attaque sur un single peu pentu dans les bois mais il est dégueulasse. Je me mets en vrac partout. Je roule depuis 30″ et je me dis que la journée va être longue ! Je sors de la forêt et j’arrive dans les terres noires. Là, il y a une succession de toboggans et de pétards…. Et p’tain ces pétards, ils te cassent les pattes ! Au 3è, je préfère sauter du vélo et courir mais… Burp burp heeee J’ai la gerbe qui monte… Noooon ! L’enchainement liaison/spéciale est un enfer ! Je termine comme je peux ! Je n’ai même pas pu apprécier le circuit…
A l’arrivée, mon niveau de lucidité est proche de zéro et j’ai le moral dans les chaussettes. Je pense même à l’abandon tellement ça m’a mit une claque au moral ! J’arrive même pas à faire des photos des terres noires, c’est dire !

Mais non bordel, t’es pas là pour t’arrêter déjà !
Au ravito d’Archaix, je fais un carnage ! Je descends une bouteille de Coca et j’empile les pâtes de fruits dans ma bouche ! Refait le type !
Un ancien qui aide les bénévoles me propose une gniole… « Me cherche pas toi ! »
Liaison 2, on monte sur un single dégueulasse, comme si tu roulais dans la chiasse ! Puis on pousse dans les terres noires où on croise la Spéciale 1. Les tops pilotes passent à une allure incroyable (notamment Romain !)

L’effet Coca/pâtes de fruits fonctionne, je me requinque !
Au départ de la Spéciale 2, je le sais, c’est celle « des crêtes » et il y a forcément une petite inquiétude ! En 2016, j’étais tombé juste avant de revenir dans la forêt et heureusement, avec ma « technique de l’étoile de mer », je n’avais pas dévalé la pente sur le côté !
Le départ dans la forêt est un peu plus sec que sur la Spéciale 1 (en plus les nuages se sont éloignés). Ça serpente entre les arbres et François, parti derrière moi, me double avant d’arriver sur les crêtes (parfait ! J’ai personne derrière sur les crêtes).
En fait, ce qu’il faut savoir, c’est que le truc le plus chaud (à mon avis), ce ne sont pas les crêtes mais le dévers d’avant, qui longe la forêt. Là, je roule sur des œufs ! Et c’est parti pour les crêtes ! Je m’oblige à regarder loin, à freiner avec parcimonie et ça passe carrément bien !
Je retourne dans la forêt, ça penche un peu mais j’enchaine bien et puis sur le bas, biiimmmm, ça rattaque avec les pétards qui me scient les pattes jusqu’à l’arrivée… Rolalalaaaa, c’est dur ! Je demande aux signaleurs s’ils ont un cœur artificiel mais aucun n’est équipé !
En bas de la Spéciale 2, je suis dead !

Et là, c’est parti pour la Liaison 3, gros poussage sous le cagnar. Je suis mort ! Il fait super chaud et les nuages noirs, autour de Digne, lâchent de grands coups de tonnerre… « On va y prendre ! »
Florent reste avec moi dans cette liaison et cette course individuelle est en train de devenir un sport d’équipe !
On arrive au départ de Spéciale 3 en ayant fait un genre de fractionné pédalage/poussage (je me dis qu’en « run and bike » on serait peut-être pas trop mauvais ?)

Spéciale 3: l’orage est tout prêt ! On aperçoit des averses autour de nous, ça tonne… Et les bénévoles nous demandent de prendre le départ. On a aperçu François prendre son départ et après quelques minutes, Florent démarre. Je pars peu après.

Cette spéciale me parait assez nouvelle et elles est sèche ! Un super single rapide avec des beaux appuis, des racines, puis des zones érodées où je saute les marches (parfois par deux) sans toucher aux freins puis… un pétard de la mort sur 100m de long pppffff Heureusement après ça rattaque avec du rapide et du fun ! Rolalalalaaa, elle est vraiment géniale cette spéciale !
En bas, François, Stélian, Benji et Florent sont là. On va au ravito du PC Course et on apprend que la Spéciale 4 va peut-être être annulée à cause des orages. Au bout de 45′, l’organisation nous annonce que la Spéciale 4 est maintenue et tout le monde part sur la Liaison 4 vers « l’antenne »… sous la pluie (mais il ne tonne plus).
La montée de presque 650m sur la route, se fait sous l’eau… Un régal !

En haut, c’est le bordel. Tous les concurrents attendent leur départ mais ça ne part pas puisque le médecin de course est occupé par un gars qui s’est fracassé sur les crêtes et un autre qui a fait un allergie en bouffant un Snickers au ravito (allergique aux cacahuètes)… Enfin je crois que c’est ça ?

[C.P: Ti Cos]

On attend 45′ sous la pluie, au sommet de la montagne, et le vent se lève même un peu… J’adore !

Finalement, l’organisation laisse démarrer la course et je vois François et Stélian qui passent dans les premiers… Et c’est tant mieux pour eux parce qu’après, ça pleut fort !
Comme je suis resté sur le côté du paquet à discuter avec les copains, je m’engage dans la queue au moment où ça pleut fort et je découvre la Spéciale 4 !
Spéciale 4: le début se fait sur un single pioché récemment à flan de montagne avec des épingles dans la pente et de la terre glaise (?)
C’est un carnage total ! J’arrive à passer les épingles sans tomber grâce à ma technique mondialement reconnue du pied/compas mais dans tous les virages du haut il y a des cadavres dans les buis. J’en entends qui gueulent: « putain mais c’est n’importe quoi ?! Ils veulent qu’on se fasse mal ou quoi ? »
Finalement, je rentre dans la forêt après m’être fait doubler quelques fois quand même (mais toujours en gênant le moins possible mes poursuivants) et le grip n’est pas trop mauvais. Je me fous en travers pour taper dans les virages relevés et je remercie dieu à chaque virage réussi !
Malheureusement, ça ne dure pas longtemps puisqu’en bas la boue colle de plus en plus ça bourre dans le cadre. Ma roue arrière reste bloquée 3 fois et je dois m’arrêter pour parvenir à rouler. Je me prends même une gamelle le troisième coup, couché sur le côté, les jambes d’un côté d’un arbre et le haut du corps de l’autre. Plié en deux !… Mais pas de rire ! Un peu plus loin, alors que j’essaie de pédaler malgré cette boue, j’en arrache mon petit guide-chaine…
J’arrive au ruisseau et le bas est rapide et la boue est liquide. Me voila sauvé !
A l’arrivée, je suis crépi mais j’ai fini la journée ! Alors bien sûr que je vais finir ! (Malgré avoir pensé à l’abandon dans la 1)
Le soir, on est tous morts au gîte ! On s’envoie quand même une petite bière, une plâtrée de spaghettis bolo avec de l’Aubrac de Florent et le saucisson maison de ma mère. On refait le monde, on refait les spéciales, on regarde les caméras embarquées de Romain (pppfffiiiooouuu, ça avionne) et on se couche avec les cuisses en feu après 56km et 2060m de D+ sur le VTT (et à côté aussi ! )

7h ce matin, le téléphone de François réveille toute la clique !
On regarde dehors: il fait beau, et même bien meilleur qu’hier à la même heure ! Heureusement sinon on aurait peut-être bien bâché s’il pleuvait !
« Allez, on se bouge ! C’est juste comme une rando du dimanche matin aujourd’hui »
8h15, on est les premiers à pointer au PC Course pour la Liaison 6 (la Liaison 5 et la Spéciale 5 on été annulées pour les mêmes raisons que la veille) et on attaque par la route. Comme d’hab’ je pars un peu vite et je roule avec Jey Maréchal (sur son E-bike) avant de me dire « olaaaa, calme toi ! ». Puis on prend le chemin de 4X4 où je bavarde avec Johan Souque puis Laurent Meunier… Puis on enquille un magnifique single (sec)… et interminable quasiment jusqu’au départ de la Spéciale 6.

Quand j’arrive là-haut, les meilleurs s’élancent… Et Goula (22è) n’a quasiment pas le temps de souffler ! Ni même Stélian (29è) ou Benji (38è). François part à la 85è place. Florent est 213è et moi 249è.

Spéciale 6: ça démarre sur un single relativement pentu avec de belles épingles sèches ! Trop bon ! Je double 2 gars (Champagne ! Je suis chaud comme la braise aujourd’huiiiii !) Et puis après une relance sur un chemin de 4X4, on rentre dans un single profond et mouillé. Les cailloux et les racines ressortent un peu avec les passages et je glisse de l’avant, j’ai du mal à prendre les épingles, j’y arrive pas, j’ai peur… Fais chier ! Les 2 gars me redoublent puis 3, puis 4, puis 5…. pppfffff Je suis dég’ ! C’est pas possible d’être une quiche pareille sur le gras surtout qu’il y a deux ans j’avais aimé ce bas de spéciale sur le sec !
Bon, bref, pas grave, je suis en bas !
Je repasse au ravito du PC Course et je croise Florent qui part pour la liaison 7. Les autres sont déjà tous en route bien-sûr.
Je refais un peu de maçonnerie dans ma bouche avec des pâtes de fruits empilées que je fais prendre avec du nougat et que je mouille au Coca ! Ensuite, je remplis mes deux gourdes avec du sirop de menthe.
« P’tain, il ne te reste qu’une montée (la descente tu la feras de toutes manières), allez, finis ça ! »
Et c’est parti pour la Liaison 7, qui est en fait la même liaison de 650m que la 4 de la veille vers « l’antenne »… Encore un bon morceau !
Sur la première moitié, je monte bien tout en bavardant avec d’autres concurrents puis une fois dans la forêt, j’aperçois Florent… Je ne pensais pas le rattraper ! On monte les lacets d’en haut à pieds et ensembles. Florent est cuit ! Il est couché sur son vélo qu’il pousse, ou c’est peut-être son vélo qui le porte (?) Et on arrive finalement en haut éreintés physiquement mais motivés, mentalement, pour en finir !

Spéciale 7: the last one ! Je la connais un peu. C’est la même qu’en 2016, quand j’avais fini avec une crampe à la cuisse droite et l’impossibilité de plier la jambe sur la moitié du circuit. C’était folklorique pour tourner à droite, pied en bas…
Ma descente se passe plutôt bien et je me prends une petite gamelle en me poussant sur la gauche pour laisser passer 2 gars. Sur le bas, je sens qu’une crampe arrive. « Hooo non, pas comme en 2016 ! » Mais finalement, elle ne se déclenche pas !
Dans cette spéciale, il n’y a quasiment pas de montée (comme dans la 6 d’ailleurs) et elle est vraiment top ! Sur le bas, les copains m’attendent et m’encouragent et je donne tout… Sur 50m avant la ligne !
Au final, je ne sais pas comment c’est possible mais je gagne quand même des places par rapport à la veille ! Je termine 226è scratch et 53è Master (on était 400 au départ).
Avec les deux spéciales d’aujourd’hui, le circuit nous a amené à un total de 89km pour 3300m de D+ (il me semble qu’initialement, sans les soucis de boue dans les parkings, ça devait faire 72km pour 3100m de D+ ?)
Les copains ont vraiment bien gazé ! Romain termine 18è, Stélian 29è, Benji 33è, François 83è (17è Master) et Florent 204è.
Après un excellent repas offert par l’organisation, on est rentré à la maison.

L’Enduro des Terres Noires, c’est une « épreuve » mais au-delà du caractère physique de la chose, c’est avant tout une organisation incroyable ! Tout est pensé de A à Z sans fausse note: même les sets de tables des repas du samedi soir et du dimanche midi sont des cartes des spéciales (c’est une exemple, une anecdote, mais c’est dire…). Alors oui, les choses se sont compliquées avec la météo des derniers jours et la météo de samedi, mais il s’agit bien là du seul paramètre que l’organisation ne peut pas maitriser.
Au final, l’Enduro des Terres Noires 2018 a encore été une belle réussite ! Quelle course !
Je n’ai pas pris autant de plaisir qu’en 2016 mais c’est en aucun cas la faute de l’organisation mais bien de ma détestation des conditions humides… Alors vivement 2020 ? Sur le sec ?

P.S: si vous pouviez juste virer quelques pétards dans les spéciales, elles seraient encore plus funs !

De belles images de DH VTT